Eveil Evolution - Vie Eveillée et Spirituelle
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Craig Hamilton et Jessica Roemischer - La passion spirituelle de Carlos Santana - [Visionneuse]
Le chanteur qui a électrifié le festival de Woodstock en 1969 nous parle de la profondeur spirituelle qui inspire sa musique et sa philanthropie.
Pour Carlos Santana, musicien, comme pour son épouse Deborah, écrivain, le succès comporte la responsabilité de donner en retour au monde. Parmi bien d‘autres activités militantes, ils ont fondé ensemble en 1998 la Milagro Foundation, ou « fondation du miracle » destinée aux enfants déshérités, auxquels ils consacrent beaucoup de temps, d1énergie et une part de l‘argent des concerts de Carlos. « Pour tout ce que nous faisons, commente Deborah, nous demandons notre direction à notre source spirituelle intérieure, ce lieu de lumière et de paix. » 50 éveil & évolution la positivité sans compromis de Santana&La passion spirituelle inspiration Carlos Entretien mené par Craig Hamilton et Jessica Roemischer Santana nous parle d’intention, de motivations et de buts Carlos Santana est un défi au cynisme. Un demi million de personnes ont assisté à la performance électrique du festival de Woodstock en 1969, qui a propulsé Carlos Santana au royaume des stars. Et, depuis, génération après génération, des millions et des millions de personnes sont touchées par sa musique. Peu réalisent pourtant que Santana a dédié sa vie à garder vivante l’utopie des années soixante : le rêve d’égalité, d’unité et d’amour que, pour beaucoup, nous avons abandonné, parce que considéré comme naïf ou presque impossible à réaliser. Et nous sommes encore moins à réaliser que ce rêve est inspiré par une spiritualité profonde et authentique qui transcende race, culture et religion. « Vivre, c’est rêver » a-t-il dit aux « Grammy Awards » en 2000. Et parce qu’il poursuit son engagement passionné envers ce rêve d’harmonie humaine, Santana est un ambassadeur d’optimisme, d’opportunité et d’amour dans le monde. L’objectif de sa musique – et le but de sa vie – transcende de loin le divertissement. « Ce n’est pas seulement pour rendre les gens heureux ou les faire danser », explique-t-il, « c’est pour changer les choses – pour que nous ayons une vision plus claire de notre vie et de nous-mêmes, pour qu’il n’y ait pas tant de désaccord dans le monde ». numéro trois 51 inspiration EVEIL&EVOLUTION : Tout au long de votre carrière, vos croyances spirituelles ont évolué et changé. Pourtant, la spiritualité continue d’être le fondement de votre vie. Vous avez dit que « tout le monde a des qualités divines qui permettent de guérir et se transformer… Si vous avez la foi, le reste suivra ». Quelle est l’essence de vos croyances aujourd’hui ? CARLOS SANTANA : Ce sont notre intention, nos motivations et notre but qui définissent réellement qui nous sommes. Ce n’est pas le fait que je sois Santana ou Dupont ou Martin, ou que je sois mexicain ou hébreu ou catholique ou bouddhiste. Je ne pense pas que Dieu et les anges fassent attention à ces choses-là. Ils ne voient que notre intention, nos motivations et notre but. Et quand ces trois choses sont cristallisées, aiguisées et branchées sur quelque chose, tout s’ouvre à nous – synchronismes et bénédictions suprêmes, opportunités, possibilités. Chacun est destiné à la prospérité, au progrès, et les clés que nous avons besoin de trouver sont : intention, motivations et but, parce que c’est ce que nous sommes vraiment, vraiment. Je suis surpris qu’on n’enseigne pas ces trois choses-là à l’école. C’est le carburant qui nous mènera à la prochaine destination, et non pas le reste. Le reste n’est que poussière. Pour moi, ce que je perçois de plus en plus c’est que ces trois choses – intention, motivations et but – définissent vraiment qui nous sommes. E&E : Vous avez été élevé dans la foi catholique et, à un certain moment, vous vous êtes intéressé aux religions orientales et puis vous êtes revenu au christianisme. Est-ce que le christianisme, ou toute autre religion traditionnelle, continue à jouer un rôle dans votre vie ? CS : C’est de l’endoctrinement, ce n’est que ça. On est marqué comme une vache par la culpabilité, la honte, le jugement, la condamnation et la peur – c’est ce que la religion a signifié pour moi. J’ai souvent des problèmes avec la presse et la télévision parce Je continue à vivre selon les principes des années soixante. Je suis toujours un hippie. Nous étions des Rainbow Warriors, des « guerriers de l’arc–en-ciel », des Indiens d’Amérique réincarnés, qui cherchaient une dimension différente – de l’existence. que je dis que je ne souscris pas aux trois P : les politiciens, les proxénètes et le pape. Je crois que tous trois sont conçus pour vous vendre de la peur. Et si nous voulons nous diriger vers un autre monde, il nous faut travailler avec la joie – le contraire de la culpabilité, de la honte, du jugement, de la condamnation et de la peur. Il n’y a rien de spirituel à dire aux gens « Vous devez être comme un Christ. Vous devez porter votre propre croix ». Qu’est ce que vous me racontez là ? Vous voulez dire que nous venons au monde pour souffrir !? Quelle sorte de Dieu perverti ferait ça ? Et pourtant, beaucoup de religions en ont fait leur propre fondement. Et les gens avalent ça, ils y croient et on se retrouve avec une bonne poignée de victimes professionnelles. Dans ma vie, je ne veux pas être une victime et je ne veux pas être une tragédie. Je veux le triomphe – le triomphe spirituel ! – avec de l’humilité, de la beauté, de l’élégance et de l’excellence. Vous savez, j’ai beaucoup appris de Duke Ellington pour ce qui est de la classe, et de Nat King Cole et Gandhi et Martin Luther King Jr. et John Coltrane à propos de l’humilité. Alors, j’ai cristallisé toute ma religion dans une non-religion, dans la spiritualité. La religion a finalement été conçue pour diviser et séparer ; la spiritualité apporte l’unité, le pardon et la compassion. E&E : Pouvez-vous développer comment la spiritualité que vous décrivez change ou influence notre perspective fondamentale de vie ? CS : C’est lorsque nous donnons naissance à notre propre clarté, que nous prenons conscience que la spiritualité peut nous faire comprendre que nous avons le choix, que nous ne sommes pas englués dans notre karma. La plupart des gens abandonnent en pensant « mon signe astrologique dit ceci, mon karma dit cela et mes parents n’étaient pas bons, alors ce que je fais n’est pas bon ». Alors les gens se résignent mais c’est parce qu’ils ne se rendent pas compte que dans chaque respiration, on a le choix. Tout ce que nous pensons, disons ou faisons, crée une dynamique. 52 éveil & évolution inspiration Pour moi, la spiritualité, c’est de l’eau. Les religions sont comme le Pepsi, le Coca Cola, le vin, la bière, ou d’autres boissons. Mais la spiritualité, c’est ce qui te sauvera vraiment dans la bataille. Le champagne ne t’aidera pas beaucoup dans la bataille. Et c’est comme ça que je vois les choses. Pour moi, c’est très clair. Et je crois que plus les gens ont accès à cette information, cette information spirituelle, plus ils seront capables de choisir, de prendre conscience du pouvoir du choix, parce que, là encore, c’est le plus grand pouvoir qu’on peut donner aux gens. Et je suis vraiment heureux de dire que je ne suis pas le seul à m’éveiller à cette nouvelle dimension. E&E : Vous semblez suggérer que le choix et la volonté sont réellement les pierres angulaires de la vie spirituelle. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? CS : Lorsque nous mourrons, lorsque vous mourrez, lorsque je mourrai, nous recevrons une ovation des démons et des anges parce que nous aurons fait des choses qu’ils ne peuvent pas faire, car nous avons le libre arbitre. Les anges et les démons ne peuvent pas créer un pont comme le Golden Gate de San Francisco. Nous venons d’une femme et sommes si frêles et si faibles, et pourtant nous rêvons. Les gens peuvent nous dire « Ça n’arrivera jamais, ça coûtera trop cher, il faudrait une armée pour le faire, ça prendra beaucoup de temps, ça sera trop dur – tout ce béton, ce ciment, cet acier ». Et pourtant, voilà le Golden Gate ! Jésus n’a pas fait ça. Et après tout, il nous a dit « Vous ferez des oeuvres que je ne peux pas faire ». Ça, c’est spirituel. Mais la plupart des gens ne sont pas à la place où ils peuvent défendre leur valeur. Dieu m’a donné une valeur, mais nous ne sommes pas programmés pour penser ainsi. La plupart des gens sont mal à l’aise ou vous interrompent lorsque vous leur faites un compliment, parce qu’ils pensent « je ne le mérite pas » ou « je vais attraper la grosse tête ». Hé, mec, bois-le, sois reconnaissant et dis « merci, je suis content que vous appréciez ! » Quand on s’éveille à la plénitude du monde, qui est fondé sur des principes spirituels, alors on peut voir ce que Jésus voulait, ou Bouddha ou Krishna, Allah, Rama, Jéhovah – ce qu’ils voulaient vraiment de nous. E&E : Où puisez-vous votre plus grande source d’inspiration spirituelle ? CS : Ce qui me nourrit, ce sont mon intention, mes motivations et mon but, et les gens que je fréquente. Mon téléphone sonne et c’est monsieur Desmond Tutu ou monsieur Harry Belafonte. Ce n’est pas un problème si je me vante car ce sont ces gens-là que j’ai envie d’avoir au bout du fil – et des gens comme Miles Davis ou Wayne Shorter. Ça ne me gênerait pas de ne jamais recevoir de prix parce que ce sont les gens que je fréquente qui m’inspirent et me stimulent. J’adore passer du temps avec des gens qui vibrent, qui n’ont pas d’étiquette. Vous ne pouvez pas mettre d’étiquette à un Mandela ou un Desmond Tutu ou un Harry Belafonte. Ces personnes ne sont pas à vendre et une fois qu’elles décident de faire quelque chose, vous ne pouvez pas les corrompre. C’est avec des personnes comme elles que j’aimerais partager le devant de la scène. E&E : Vous avez dit à propos des années soixante que «le feu et la soif qu’on avait et la sensation urgente que les choses devaient changer vous manquaient ». Comment vivez-vous cette urgence maintenant, au seuil d’un nouveau millénaire lourd d’une crise mondiale sans précédent ? CS : J’associe une spiritualité pratique avec la rébellion de la rue, parce que je continue à vivre les principes des années soixante. Je suis toujours un hippie. Nous étions des guerriers de l’arc en ciel, des indiens d’Amérique réincarnés, qui cherchaient une dimension différente de l’existence. Ça peut vous sembler idéaliste mais ça marche pour moi. Ça marche mieux pour moi que la réalité ordinaire de beaucoup de gens. Pour moi, être spirituel ce n’est pas être docile. Tendre l’autre joue n’est pas dans mon expérience. Je ne crois pas à la violence mais je crois à l’action. Je crois que c’est pour ça que ma femme Deborah et moi sommes si investis auprès des enfants, car si nous changeons les enfants, nous pouvons changer le monde. Les personnes plus âgées sont déjà établies, mais nous sommes passionnément convaincus que si nous apportons de nouvelles données et informations, quelque chose de miraculeux est possible. Je crois que nous devons dire à Dunlop, Nike, Starbucks, à toutes les grandes sociétés du pétrole et du tabac, à tous ces gens : vous pouvez faire une différence dans le monde. Vous pouvez faire quelque chose avec le coeur qui profitera à beaucoup sur la planète, et en plus vous ferez toujours des bénéfices. Ça, c’est spirituel. Et si vous ne le faites pas, vous entravez fondamentalement l’existence de cette planète. Je crois à ce que disait Thomas Jefferson – que les tyrans désobéissent à Dieu – et nous ne pouvons pas les laisser continuer à détruire cette planète, les êtres humains et l’océan. Evidemment, j’aimerais changer les pouvoirs en place dans le monde parce qu’ils ont fait leur temps. Je crois qu’il est important de voir arriver un nouveau contingent de personnes responsables, à même de changer les consciences – pour remplacer notre misérable vieille garde. E&E : Vous avez été cité comme disant qu’à travers votre musique vous « voulez connecter les molécules à la lumière ». Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par là ? CS : Lorsque vous entendez quelque chose d’incroyable qui vous pousse à danser, à pleurer et à danser en même temps, vos molécules changent. Pour la personne lambda, la première fois que ses molécules changent, c’est quand elle embrasse quelqu’un sur la bouche ou quand, en jouant à cache-cache, elle touche la main de quelqu’un ; il se passe quelque chose dans le corps. Comment inclure les principes spirituels dans une réalité pratique quotidienne qui soit digeste ? Eh bien, ce n’est pas impossible. En conclusion, je suis heureux de vous dire que nous ne sommes pas seuls, il y a beaucoup de personnes pour qui cela résonne et qui veulent la même chose. Je crois que la porte est ouverte ; nous le voulons maintenant. Nous voulons une révolution spirituelle, une révolution de conscience. C’est ce dont parlaient les Beatles, Marvin Gaye, John Lennon et John Coltrane. Nous voulons tous la même chose et nous pouvons l’atteindre ! Ce n’est pas impossible. Et plus que tout, je vous invite à cristalliser votre intention, vos motivations et votre but, parce que si vous ne le faites pas, vous accuserez toujours l’autre pour ce que vous n’êtes pas parvenu à faire. numéro trois 53
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