Eveil Evolution - Psychologie
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Andrew Cohen - Ajja, l'avadhut - [Visionneuse]
Le rédacteur en chef d’Eveil & Evolution partage ses réflexions sur la vie remarquable et l’extraordinaire réalisation spirituelle de ce saint homme indien.
« Avec une équanimité inébranlable, l‘Avadhut vit dans le sanct uaire de la vacuité ; il chemine nu, sachant que tout est Brahman... Ayant renoncé à toute act ivité de l’esprit, il est dans son état naturel d’indescriptible béatitude.» «Je ne suis pas du tout dans le mental. Je suis au-delà de toute pensée et de toute émotion. Je parle, mais je ne sais rien. Je ne pense pas ; je ne lis pas de livres. Rien de tout cela n’est nécessaire pour la véritable connaissance. Les livres sont nécessaires pour un discours intellect uel, mais pour l‘expérience du Soi, on n’a besoin de rien. Et si je me trouve dans un lieu isolé, cette expérience ne s‘arrête pas. Elle se répand à travers tout l‘univers, pénètre tout l‘univers. Même si celui qui atteint cet état d’ananda* est dans un coin reculé, cela se répand partout. Même s’il essaie de se cacher, cela irradie. Cela se propage à travers tout l‘univers, le cosmos tout entier.» Ajja A jja, ou « grand-père », comme le nommaient avec affection ceux qui le connaissaient, était l’un des êtres humains les plus authentiquement libérés que j’ai eu le privilège de rencontrer. Ce qui me frappait le plus chez lui, c’est qu’il semblait littéralement ne plus avoir aucune conscience d’ego – du tout. Son ego avait de toute apparence été réduit en cendres par le feu de sa passion pour le Divin. Je l’ai rencontré trois fois et chaque fois j’ai été ébahi par le pouvoir de son innocence et par l’immense liberté qu’il avait vis-à-vis de ce monde et tout ce qui s’y trouve. Cela émanait de chaque cellule de son corps frêle. Sa transparence absolue et l’absence totale de toute trace de conscience de soi mettaient toujours en lumière la dualité intérieure subtile - et souvent pas si subtile - de tous ceux qui l’entouraient. Ce n’est qu’en la présence d’une personne comme Ajja, qu’on peut vraiment comprendre ce qu’est l’Éveil. L’histoire de sa vie et de son Éveil est une histoire véritable- ment insensée - de celles qui ne semblent pouvoir arriver qu’en Inde. Ajja était un riche fermier qui, suite à une maladie soudaine qui pendant six mois lui provoqua d’extrêmes douleurs, entama à l’âge de 36 ans un processus de recherche focalisé qui le mena jusqu’à un Éveil radical et profond. «Je ne suis pas le corps», déclara-t-il à cette l’époque. « Je n’ai pas de mère. Je n’ai pas de père. Je suis cette Lumière.» Ajja a fait des déclarations tout à fait extravagantes, comme celle de dire qu’au moment de son Éveil, l’âme du grand militant social Mahatma Gandhi était entrée dans son corps, afi n de pouvoir accéder à la libération fi nale. «Celui qui était ici s’en est allé», avait dit Ajja. «Quelqu’un d’autre est arrivé». Après cet Éveil, commença pour Ajja une période d’errance de seize ans à travers l’Inde, où marchant souvent nu, passant par des états de conscience extatiques ou non, il perdait souvent, et pour des périodes longues, toute conscience du corps. En 1961, alors qu’il était à Rishikesh, il entendit une voix l’appeler: «Viens à moi. Toi, viens à moi. Je suis ici à Ganeshpuri». Il partit immé- diatement à Ganeshpuri rencontrer le légendaire Avadhut Swami Nityananda. L’entretien ne dura que cinq minutes, pendant les- quelles ils se fi xèrent yeux dans les yeux sans prononcer un mot. Cette rencontre permit à Ajja de « revenir sur terre »; il recom- mença bientôt à porter des vêtements et à parler aux autres. Cet homme gentil et très doux n’était pas vraiment un « enseignant » au sens traditionnel. Je ne suis même pas sûr qu’il était capable de partager directement avec d’autres l’im- mensité de sa profonde expérience. Mais l’exemple vivant qu’il était de totale absence d’ego et d’abandon absolu était sans égal et me rappelait une citation accrochée au mur du bureau de l’Ashram Shivananda à Rishikesh, qui m’a toujours coupé le souffl e: « Enseigner, c’est Être ». J’ai fait une longue interview d’Ajja en 1998, qui a été publiée dans le numéro 14 de What Is Enlightenment?. Quand je suis retourné le voir l’année suivante, j’ai été heureux de voir que mon article « Qui est Ajja ? » avait généré beaucoup d’intérêt pour cet être extraordinaire, non seulement chez les Occidentaux mais aussi, à ma grande surprise, parmi les Indiens ! Ajja a quitté ce monde le 12 mars 2007. Dans les dernières années de sa vie, on lui construisit un petit ashram près de Man- galore, où ses disciples vivent encore aujourd’hui. L’un d’entre eux, Srinath Raddha, me confi a au printemps dernier : « Je suis certain qu’il s’occupera toujours de nous. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne devrait pas perdre de temps avec une si petite chose - mais il prendra soin de nous. »
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