Eveil Evolution - Modèles de l’Evolution
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John Stewart - Le potentiel de l'évolution - [Visionneuse]
À chaque étape de l’évolution de la vie, le pouvoir de la coopération a régné en maître. En projetant ce schéma dans un futur lointain, Stewart évoque une vision cosmique de la destinée humaine collective.
JOHN STEWART est conseiller d’État auprès du gouvernement australien pour les relations avec les syndicats, et membre attaché au groupe de recherche Évolution, Complexité et Cognition à l’Université Libre de Bruxelles. Il est l’auteur de Evolution’s Arrow : The Direction of Evolution and the Future of Humanity » (La Flèche de l’évolution : la direction de l’évolution et le futur de l’humanité). voix du futur Le Potentiel de l’Évolution par John Stewart L’activité la plus porteuse de sens dans laquelle un être humain puisse s’engager est celle qui a un lien direct avec l’évolution humaine. Ceci est vrai car les êtres humains jouent un rôle actif et critique non seulement dans le processus de leur propre évolution mais aussi dans la survie et l’évolution de tous les êtres vivants. En prendre conscience fait peser sur les êtres humains la responsabilité de contribuer active- ment au processus de l’évolution. Une nouvelle réalité émergerait, et ce serait la naissance d’un nouveau monde, si l’humanité acceptait et reconnaissait cette responsabilité, en s’engageant de façon créative, aux niveaux conscient et inconscient, dans le processus d’évolution « métabiologique ». Jonas Salk Comprendre que l’évolution a une direction est au cœur de cet éveil évolutif. L’évolution n’est pas erratique, elle n’est pas le fruit du hasard : elle se dirige quelque part. C’est un savoir très important. Une fois que nous avons compris la direction de l’évolution, nous pouvons repérer où nous nous situons sur la trajectoire évolutive, découvrir quelles en sont les prochaines étapes, et voir ce qu’elles signifient pour nous, individuellement et collectivement. Où va l’évolution ? Cela ne fait aucun doute maintenant, contrai- rement à ce que nous pensions auparavant, que la tendance va vers plus d’interdépendance et de coopération entre les systèmes vivants. Si les humains doivent faire avancer le processus d’évolution sur cette planète, une des tâches majeures serait de trouver une façon de nous organiser qui soit plus coopérative. La tendance vers un accroissement de la coopération est bien illustrée par un court historique de l’évolution de la vie sur terre. Pendant des milliards d’années après le Big Bang l’univers a eu une expansion rapide en taille et s’est diversifié en une multitude de galaxies, d’étoiles, planètes et autres formes de matière inerte. La première vie qui apparut enfin sur Terre était infinitésimale – elle renfermait à peine quelques processus moléculaires. Mais elle n’est pas restée à cette échelle minuscule pendant très longtemps. Dans un premier développement majeur, des groupes coopératifs de processus moléculaires ont formé les premières cellules simples. Puis, par une avancée encore plus significative, les communautés UNE TRANSITION ÉVOLUTIVE MAJEURE commence à se déployer sur terre. On commence à voir émerger des individus qui choisissent de consacrer leur vie à l’avancée consciente du processus d’évolu- tion. Ils voient leur vie comme une composante importante du grand mouvement évolutif qui a produit l’univers et la vie en lui, et ils réali- sent le rôle significatif qu’ils ont à jouer. Se redéfinir dans une perspective plus large, celle de l’évolution globale, donne un sens et une direction à leur vie. Ils ne se perçoi- vent plus comme des individus isolés, préoccupés d’eux-mêmes, vivant pendant un court laps de temps pour mourir de façon insi- gnifiante dans un univers dénué de sens. Ils savent que si l’évolu- tion doit continuer à accomplir son potentiel, elle doit maintenant être dirigée consciemment et c’est leur destin et leur responsabilité que d’y contribuer. 4 éveil & évolutionL’évolution n’est pas erratique, elle n’est pas le fruit du hasard : elle se dirige quelque part. de cellules simples ont formé, à une échelle bien plus grande, des cellules plus complexes. Après plusieurs millions d’années, une nouvelle transition évolu- tive majeure s’est produite. L’évolution a découvert comment orga- niser les groupes coopératifs de ces cellules complexes en des orga- nismes multicellulaires tels que les insectes, poissons et finalement les mammifères. À nouveau l’échelle des processus vivants s’était énormément agrandie. Cette tendance s’est poursuivie avec l’émer- gence de sociétés coopératives d’organismes multicellulaires, incluant les ruches, les hordes de loups et les groupes de babouins. Le mo- dèle s’est répété avec les humains – les familles se sont réunies pour former des bandes, les bandes se sont rassemblées pour former des tribus, les tribus pour former des communautés agricoles, et ainsi de suite. Sur la planète, les structures coopératives des processus vivants à l’échelle la plus grande sont maintenant les sociétés humaines. Cette tendance très claire est le résultat de répétitions multiples d’un processus où des entités vivantes font équipe pour former des coopératives à plus large échelle. Ce qui est frappant, c’est que les groupes coopératifs qui émergent à chaque étape de cette séquence deviennent les entités qui se rassemblent pour former les groupes coopératifs à l’étape suivante de la séquence. Il est aisé de reconnaître ce qui a conduit cette longue séquence d’évolution directionnelle : à chaque niveau d’organisation, les équi- pes coopératives unies par des buts communs auront toujours un potentiel de réussite plus grand que des individus isolés. Ce sera la même chose partout où la vie surgit dans l’univers. Les détails seront différents, mais la direction sera la même – vers plus d’unification et de coopération sur une échelle de plus en plus grande. La vie a parcouru un long chemin sur cette planète. Quand elle a commencé, les processus vivants individuels ne faisaient guère plus qu’influer sur les évènements à l’échelle des molécules. Mais le résultat de cette formation successive de coopératives de plus en plus grandes est que des processus vivants coordonnés dirigent et contrôlent maintenant les évènements à l’échelle des continents. Et la vie semble être sur le seuil d’une autre transition évolutive majeure : l’humanité a le potentiel de former une société globale, unifiée et inclusive, en relation symbiotique avec nos technologies et la planète dans son ensemble. Parallèlement, « nous » (le Tout) en arriverons à diriger la matière, l’énergie, et les processus vivants à une échelle planétaire. Lorsque cette organisation globale émergera, l’échelle de la structure coopérative aura progressé de plus d’un million de mil- liards de fois depuis le début de la vie. Si l’humanité réalise son potentiel dans l’évolution de la vie au sein de l’univers, cette expansion de l’échelle de la structure coopérative continuera. Potentiellement, l’organisation globale est à même de continuer son expansion dans le système solaire et au-delà. En dirigeant la matière, l’énergie et les processus vivants à une échelle de plus en plus grande, l’organisation humaine pour- rait finalement parvenir à éten- dre son influence sur les évène- ments à l’échelle du système solaire et de la galaxie. Et elle pourrait répéter les grandes transitions de son passé évolutif en faisant équipe avec toutes les autres sociétés de processus vivants qu’elle rencontre. Nous sommes le produit de 4,5 milliards d’années d’évolution biolo- gique fortuite et lente. Il n’y aucune raison de penser que le processus évolutif se soit arrêté. L’homme est un animal de transition. Il n’est pas le point culminant de la création … Je crois que nous sommes, irrévocablement, sur un chemin qui nous conduira aux étoiles – à moins que par une capitulation mons- trueuse à la stupidité et à la cupidité, nous ne nous détruisions nous- mêmes auparavant. Carl Sagan L’immense potentiel du processus de l’évolution implique finalement de produire une structure coopérative unifiée des processus vivants, qui couvre et dirige l’univers dans son ensemble. La matière de l’univers serait infusée et ordonnée par la vie. L’univers lui-même deviendrait un organisme vivant qui poursuit son propre but, quel qu’il soit. Dans cette longue montée, depuis l’échelle du processus moléculaire, la vie aura unifié l’univers fragmenté dans le souffle du Big Bang. � 5 numéro quatre
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